CAHIER n°51

Gérard Berger et Pierre Bourgin

De Rozier-Côtes-d'Aurec à Laredo Jacques Giraudon (1815-1892),

La vie d'un missionnaire forézien au Texas.

Couverture : Bas-relief dit « Christ bénissant », ou « Christ en gloire », ou « Christ de majesté », de l’église romane de Rozier-Côtes-d’Aurec

Il y a vingt ans, en avril 1988, une « visite-pèlerinage des évêques texans dans les diocèses de Lyon et Saint-Etienne » rappelait que « des dizaines de prêtres foréziens » étaient, « au XIXe siècle, partis aux Etats-Unis pour participer à l’évangélisation de ce pays ». Ces derniers, Claude Latta réussissait, dans la foulée, à « les faire sortir de l’ombre », à « leur redonner vie », à travers l’évocation de cinq d’entre eux : Mgr Michel Portier, de Montbrison (1795-1859), évêque de Mobile ; Mgr Antoine Blanc, de Sury-le-Comtal (1792-1860), évêque puis archevêque de La Nouvelle-Orléans ; Jean-Baptiste Blanc, de Sury-le-Comtal lui aussi et frère du précédent (1800-1834), prêtre missionnaire en Louisiane ; Jean Gonnard, de Montbrison (1827-1867), prêtre missionnaire au Texas ; et Mathieu Chazelle, de Jeansagnière (1820-1847), prêtre missionnaire au Texas également. En outre, il révélait la richesse humaine de cette « aventure missionnaire » et ouvrait des pistes à la recherche historique par l’intermédiaire d’une liste de dix évêques et archevêques, quatre vicaires généraux et trente-huit prêtres, dont trente au Texas et huit en Louisiane et en Alabama .
Parmi ces derniers, figurait un certain « Jacques Giraudon », dont Claude Latta révélait, en deux à trois lignes, qu’il était né à « Rozier-Côtes-d’Aurec » en « 1815 », qu’il était décédé en « 1892 », qu’il avait été « prêtre au Texas », qu’il était « rentré en France en 1864 » et qu’il avait été « aumônier de la Sainte-Famille à Beaujeu » : de quoi attirer l’attention et piquer la curiosité de deux « Roziérois » que l’œuvre missionnaire en Inde de leur « compatriote » Mère Edwige avait déjà réunis dans une même recherche historique ! Mais, bien que, après Claude Latta, d’autres chercheurs – tels que François Lagarde, au niveau national , Yannick Essertel, au niveau régional , ou Daniel Allezina, au niveau local – se soient penchés sur les missions en Amérique, l’aventure n’a pas été aisée : outre que Jacques Giraudon semble avoir été un humble missionnaire qui n’a guère laissé de traces – il n’en a laissé aucune à Rozier même, en tous cas –, le fait que la plupart des archives et l’essentiel de la bibliographie se trouvent aux Etats-Unis ne facilite pas le travail de recherche.

Si bien que l’œuvre décrite et le portrait dressé à travers quelques évocations de la tâche de ce prêtre forézien au Texas, d’une part, et de la vie de son milieu familial, d’autre part, ne peuvent qu’être incomplets et imparfaits. Les publier ainsi, c’est néanmoins contribuer à la connaissance de ces missionnaires « de base », dont Claude Latta a évoqué trois figures dès 1988, et sans lesquels les souhaits des évêques et archevêques seraient restés vains : si les lignes qui suivent y parviennent quelque peu, elles auront atteint leur but…