Vendredi 10 novembre
20h. au Centre Social

Maurice Damon

CAHIER N° 162

Le marché et les foires de Montbrison
au Moyen Âge

Préface
Le marché de Montbrison a presque neuf siècles : nous ne connaissons pas sa date de fondation mais sa première mention dans un texte médiéval est de 1130. Louis VI le Gros était roi de France et Guy 1er comte de Lyonnais et de Forez. Ni la collégiale Notre-Dame ni la Diana n’existaient et Montbrison n’était qu’une bourgade autour de son château.
Le marché de Montbrison s’est tenu de façon ininterrompue depuis cette date jusqu’à aujourd’hui : belle illustration de cette « longue durée » que Fernand Braudel a conceptualisée en histoire : à côté de l’histoire traditionnelle « à oscillations brèves » (les événements qui sont une sorte d’écume des choses) et de l’histoire cyclique et conjoncturelle (les grands cycles économiques), on a les phénomènes de longue durée (l’évolution des paysages, l’histoire de l'homme dans ses rapports avec le milieu, les grands faits culturels ou linguistiques) qui structurent l’histoire des hommes et des sociétés.
Le marché ou le plus ancien « monument historique » de Montbrison : ce n’est pas qu’une boutade. Quand on fait son marché le samedi, dans le brouhaha des transactions, des conversations et des bruits familiers, se continue la longue histoire des échanges entre les hommes de la plaine et de la montagne, de la campagne et de la ville, du Nord et du Sud : cette histoire structure la vie et le rôle commercial de la ville-centre. Elle lui donne ses couleurs et ses odeurs, elle montre son importance en occupant même, symboliquement, le centre de la ville et interrompant la circulation, en imposant sa loi, en somme. Une aventure commerciale qui s’est faite à hauteur d’homme et qui continue.
Quand je suis arrivé à Montbrison, il y a maintenant un demi-siècle, cette importance du marché, que les Montbrisonnais ne voient plus parce qu’ils y sont habitués, m’avait frappé. Elle m’étonne encore. De cette constatation est venue l’idée de raconter aux Montbrisonnais leur marché au Moyen Age dans une démarche qui s’inscrirait dans le thème du Printemps de l’Histoire 2017 et qui entendait utiliser les remarquables recherches d’Etienne Fournial, l’historien du des villes foréziennes et de l’économie d’échange aux XIIIe et XIVe siècles.
Mais nous sommes, en Histoire aussi, à l’ère de l’image : nous n’avons pas, bien sûr, d’image du marché de Montbrison au Moyen Age. Nous aurions pu reproduire quelques documents médiévaux illustrant la vie commerciale de cette époque, ce qui eût été banal. Nous avons pris un autre parti : illustrer l’histoire du marché par des documents d’aujourd’hui qui montreront à tous sa permanence et ses couleurs : le va-et-vient entre le passé et le présent est constitutif de l’histoire, il l’explique, en montre à la fois la continuité et les changements.
Aussi l’historien ne comprend-il vraiment l’histoire ancienne du marché qu’en parcourant les étals et en observant le comportement séculaire des « hommes du samedi ». Aujourd’hui, il a aussi son appareil photo à la main. Pierre Drevet réalisé la mise en page de ce Cahier de Village de Forez. Il a été aussi le maître des images : il a rassemblé et choisi des photos anciennes, il a photographié le marché à plusieurs reprises et a ainsi fait œuvre d’historien, complétant le texte par ses photos et lui donnant du relief et de la force. David Drevet a aussi eu sa part, il nous a donné son propre regard et nous a parfois fait prendre de la hauteur. Des photos anciennes et des cartes postales ont aussi été utilisées : elles donnent au temps la couleur sépia. Les photos prises par Marguerite Fournier – conservées dans le fonds de la Diana - ont pour nous une saveur particulière puisque prises en 1957, il y a déjà 60 ans : une photo prise pour illustrer un article de presse devient vite un document d’histoire. Quant à Bernard Laroche, il a relu le texte de ce cahier et a indiqué, sur une photographie aérienne de Montbrison, les emplacements du marché à différentes époques : une vraie réussite qui permet de visualiser en quelques instants l’histoire du marché dans la ville.
A l’époque de la Nouvelle Vague, dans les années 1960, des cinéastes parlaient d’écrire leurs films avec une « caméra-stylo » : histoire de dire que le visuel est une véritable écriture ; nous avons essayé ici d’utiliser ici à la fois le stylo et l’appareil photo.
Allons au marché, hier et aujourd’hui.

Les cahiers de Village de Forez sont publiés par
le Groupe d’histoire locale du centre social de Montbrison.

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L’Association des Amis de Benoît Malon